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La jeune fille était assise en sous-vêtements à même le sol. Recroquevillée sur elle-même, elle se balançait d'avant en arrière, en poussant des gémissements plaintifs. Ses cheveux étaient longs et filasses, si longs qu'ils trainaient par terre, ramassant avec eux toute la poussière du parquet.
Elle se releva soudainement.
« Connard ! Connard ! Cria-t-elle, connard ! Tu m'as bavé à la gueule ton amour dégueulasse et immonde, agrémenté de mots doux et de putains de caresses, putains de caresses de merde ! Ouais, je suis vulgaire. Parce que putain y'a que la vulgarité pour répondre à ça ! Y'a que la vulgarité ! Tu m'as enduite de ton amour de merde, tu m'en as recouverte, et regarde ce que je suis devenue ! Putain, t'avais pas le droit ! T'as pas le droit de me faire ça ! Putain mais tu peux pas ! »
Des larmes argentés coulaient de ses yeux, glissaient sur ses joues et venaient s'écraser sur le sol. Ses sanglots firent redoubler de fureur la façon dont elle criait ses paroles :
« Tu vois ? Tu vois ! Je pleure, à cause de toi !
Tu peux pas me dire que tu m'aimes,
me le jurer tant de fois,
me promettre de m'aimer toujours, toujours !
Tu peux pas me faire tomber amoureuse
et puis disparaître comme ça ! Partir du jour au lendemain.
Me laisser tomber. Je ne t'autorise pas ! Reviens putain ! Reviens ! »
Elle hurlait désormais, et son visage couvert de larmes se déformait à chacun de ses cris. Sa bouche crachait presque ces mots fragiles.
« Putain ... Putain mais dans ces cas-là, tu avais qu'à ne pas me dire que tu m'aimais, me fuir, me fuir et partir tout de suite ! Tu avais qu'à m'épargner ça ! T'as pas le droit de me faire souffrir comme ça, après tant de beauté promise, de galanterie poussée à son paroxysme ! Mais bordel, on n'a pas le droit d'agir comme ça ! Qu'est ce qu'il te prend de me quitter comme ça ? Putain ... »
Petit à petit, ses insultes et ses cris se transformèrent en lamentations.
« Julien ... Julien, reviens, s'il te plait ! Je te jure, je serai gentille, je ne serais plus vulgaire, je serai agréable, et même que t'auras le droit de me dire que tu m'aimes. Parce que putain, je t'aime aussi ! Je t'aime trop, tu peux pas me quitter comme ça, tu peux pas partir. Julien, Julien, tu dois revenir ! Reviens ! Je te l'ordonne ! Je t'en supplie ... Me laisse pas ... »
Une pluie diluvienne de larmes tombait désormais sur son visage violacé par la tristesse et par la rage et chacune d'entre elles semblait crier « Julien ». Ses sanglots l'empêchaient presque de respirer, et elle s'étranglait à chacune de ses paroles. Pendant un instant, elle resta debout, sans rien dire, pleurant à chaudes larmes et gémissant son malheur.
Puis, s'agenouillant, elle ajouta deux murmures, et les murmures disaient « Je t'aime ».
Toujours sur les genoux, elle s'avança, et recouvra de baisers chauds et amoureux le corps inerte de son Julien, de son amour, mort d'un coup, d'un arrêt cardiaque, alors qu'elle prenait sa douche.

# Posté le mercredi 05 mars 2008 17:55

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J'ai soufflé sur les cendres d'hier, mais la nuit même à ce goût de poussière...
Lorsque les draps se tordent et s'enroulent en lianes ...
J'agonise.
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# Posté le mercredi 05 mars 2008 18:00

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Les heures passent transparentes, supplices indolores alors que mon sang bout.
Elles me dévorent, me courbent, me façonnent et me rejettent, en boule.
J'attends, au rythme entêtant de la pellicule qui se déroule.
Ma vie est un film en effet, nos lignes dactylographiées en sont les sous titres.
Tu es le personnage principal, tout en croyant être l'arbitre.
Alors je t'appelle à 4 heures du matin, juste pour la tonalité du téléphone.
Pour ton répondeur de merde.Pour ta voix qui ne vient pas.Pour me dire que je suis perdue
Si je sais que le soir tombé personne ne répond plus, je m'abreuve de l'élixir de cette déconvenue
Tu me demanderas pourquoi demain, j'aimerai.Si tu ne me demande pas, je supplierai.
Je m'agite alors que la nuit me tombe dessus et me grignote.
Les désirs se floutent, les angoisses se brouillent, mes jambes tressautent.
Je tousse, la poussière est dans ma gorge, avec un goût d'espoirs brûlés.
Je crache, et la fin se rapproche,entrainant avec elle un doux parfum d'éternité.

# Posté le mercredi 05 mars 2008 18:04

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A l'heure où une partie de cette jeunesse vit d'artifices et de paillettes empoisonnées

# Posté le mercredi 05 mars 2008 18:08

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Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas où aller. Je suis un être différent, irréel, n'appartenant pas à ce Monde. Ce Monde qui rie, pleure, sourit, crie. Mais tous ensemble, tous ces humains réunis. Mais à croire que je suis un monde à part. Je ris, pleure, souris, crie. Seule. En intimité. Le vrai Monde court, je les vois marcher autour de moi, j'essaie de les suivre mais n'y arrive pas. Je les appelle, mais personne ne me répond. Et je reste plantée là, âme esseulée. Et tous les jours, je passe, tête basse, telle un pantin sans visage, au milieu de toute cette Vie qui ne m'appartient pas. Cette envie de vivre qui m'a quittée, ce Bonheur qui ne m'a pas choisi, cette Humanité que j'ai presque perdue, je les adules et les supplies de me recenir.
Je les supplies afin de n'être plus qu'un Humain "normal", une femme qui pourrait se fondre avec le Monde.
Je suis un spectre errant, affamé de Vie et de Vanité, sue cette Terre grouillante, fraternelle.
Rousseau a dit : "L'Homme est bon naturellement, il est rendu mauvais par la société"
- Peut-être a-t-il raison... Oui, ce doit être cela... Si on regarde mon passé, j'ai été sans cesse blessée par la gente humaine... Des blessures qui ne se sont jamais refermées, et qui auront bien du mal à cicatriser...
Le Monde rit et court dans un jardin luxueux et remplie de roses épineuses.
Je pleure, gémit, et m'accroupie dans une cage d'épines. Seule.
Mais heuerusement pour moi, quelques personnes que j'aime du plus profond de mon coeur me soutiennent, et m'aiment en retour.
A ces personnes, je leur dit merci.
Peut-être se reconnaitront-elles ...

# Posté le mercredi 05 mars 2008 18:22